JagVi, ÉLÉGANCE ET CONFORT MADE IN EUROPE

JagVi, ÉLÉGANCE ET CONFORT MADE IN EUROPE

On me demande souvent quels sont les critères pour connaître les marques qui produisent dans de mauvaises conditions sociales. Les très bas prix peuvent être un bon indicateur. Cependant, les tarifs ne sont pas toujours représentatifs des conditions de fabrication. En effet, de nombreuses marques se situent sur des gammes de prix moyens et produisent néanmoins dans les mêmes usines que les géants de fast-fashion. Et elles se payent nos têtes en indiquant « design in France » ou « créé en France », histoire de laisser penser que la fabrication de leurs produits est française. Made in Responsable a pour vocation de faire découvrir des marques qui produisent en soignant la qualité de leurs créations, ce qui va souvent de paire avec les conditions des travailleurs textiles. C’est notamment le cas de la marque JagVi.

JAGVI

Créée en 2012 au bord du lac d’Annecy, la marque française JagVi est une association de deux mots suédois « Jag » signifiant « moi » et « Vi » signifiant « nous ». Le « nous » c’est Pierre-Yves Bomey et Christine Poirier. Rien n’a été improvisé, les deux associés avaient déjà un pied dans l’industrie du prêt-à-porter, Pierre-Yves Bomey étant l’ex-directeur retail du groupe Lafuma et Christine Poirier, styliste pour divers marques. Ce qui les a rapproché, c’est leur goût pour les produits aux finitions impeccables, élégants et décontractés. C’est la raison pour laquelle, ils se sont lancés dans l’aventure JagVi avec pour point de départ de créer des vêtements pour le voyage de bonne facture et raffinés avec comme devise « Tailormade for smart travellers ».

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Les collections JagVi sont fabriquées dans des ateliers artisanaux en France, Italie et Portugal. Le choix des matières est primordiales qu’elles soient naturelles ou techniques. Tissus, laines ou autres matières proviennent de régions reconnus pour la durabilité et la qualité des produits, tels que le Japon, l’Italie, l’Allemagne et la France. La marque préfère utiliser des matières produites en petites quantités afin d’assurer une longévité de vie aux vêtements. Produire moins mais produire mieux en somme.

Les collections JagVi sont disponibles sur l’eshop de la marque ou sur le site marchand  L’Exception. Les prix sont abordables, on est sur une gamme moyenne : la chemise à partir de 125€, 130€ le pantalon, 125€ le sweat,… Alors messieurs, oubliez les marques dont la communication véhicule des images de branchitudes et de qualité, mais qui fabriquent dans des conditions similaires aux grandes enseignes de fast-fashion et prévilégiez les marques qui soignent leur production.

Crédits photo : JagVi

 

BALIBARIS, L’ÉTHIQUE AU BORD DU CHEMIN…

BALIBARIS, L’ÉTHIQUE AU BORD DU CHEMIN…

À chaque marque responsable qui voit le jour, le combat contre la fast-fashion avance, pas à pas. J’aime découvrir des marques pour qui l’éthique et le savoir-faire sont des points de départ. Malheureusement lorsqu’une entreprise grossit, elle oublie parfois ses fondamentaux. Et j’ai le sentiment que c’est ce qu’il s’est passé avec Balibaris.

Je suis toujours épatée par les histoires de jeunes qui sortent d’école et décident de monter leur boîte ! Et qui de plus est remporte un vif succès, ce qui est le cas de Balibaris. Fondée en 2010 par Corentin Petit et Paul Szczerba, la marque de prêt-à-porter ne s’arrête pas de croitre. Le concept : des collections masculines élégantes et décontractés de milieu de gamme à des prix corrects. Le tout fabriqué avec minutie et qualité.

Au commencement de Balibaris, on trouve des cravates commercialisées sur le net. Pas la cravate de papa ou du banquier, mais une cravate moderne, en tricot, branchée et bien coupée. Elle est très vite adoptée par les équipes de Canal+, notamment par Yann Barthès. Le succès est rapide. Corentin et Paul ne veulent pas être catégorisés créateurs de cravates, donc très vite, ils décident de se lancer dans une gamme de vêtements et accessoires plus large. Et hop, la marque est définitivement lancée.

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Inspirée du prêt-à-porter anglo-saxon, la marque ré-invente les basiques du dressing masculin comme le jean en toile japonaise, le caban et costume plus prêts du corps, la veste en denim revisitée,… Balibaris joue les équilibriste et crée un vestiaire masculin d’intemporels mais avec une dose de détails actuels, des coupes à la fois simples et dans l’ère du temps. Ainsi ses produits perdurent au-delà des saisons.

Durer, c’était d’ailleurs une volonté très forte de la marque. Dès son lancement la qualité des vêtements étaient au centre des préoccupations des fondateurs. Avant de créer eur marque, Corentin et Paul ont cherché les meilleurs fabricants pour produire leur collection majoritairement en Europe. Ainsi lors de sa création, Balibaris fut très transparent sur la traçabilité de leurs produits. Les matières choisies pour leur noblesse provenaient d’Italie, du Japon, de France, puis elles étaient confectionnées au Portugal, Pologne, Bulgarie, Roumanie. Pourquoi les pays de l’Est ? Interrogés sur la question, Paul Szczerba expliquait que pour certains types de produits notamment le tailoring ou les manteaux, les pays de l’est ont vraiment un savoir-faire que n’ont pas l’Italie ou le Portugal. Ainsi pour les manteaux, les matières pouvaient provenir de France ou d’Italie puis envoyées en confection à l’Est de l’Europe ce qui permettait à Balibaris de proposer des manteaux dans des gammes accessibles.

Pourquoi je parle au passé, me direz-vous ? Parce qu’aujourd’hui, c’est le flou. En rédigeant cet article, je me suis aperçue que les manteaux et pulls étaient maintenant fabriqués en Chine. Ce n’est pas forcément dans de mauvaises conditions me direz-vous. J’ai donc décidé d’écrire au service consommateur pour en avoir le coeur net. Voici leur réponse :

 « La société Balibaris est très attentive au choix de ses fournisseurs en terme de qualité de fabrication mais également d’éthique. Tous nos fabricants doivent s’engager à respecter et à faire respecter par leurs sous-traitants, prestataires et fournisseurs l’ensemble de la législation et de la réglementation environnementale et sociale en vigueur dans leur pays.
Nous essayons également de nous rendre sur les sites de production avant de commencer un partenariat afin de vérifier par nous-même les conditions de travail. »

Ce qui ne m’a pas vraiment rassuré quand on connaît les règles du travail en Chine… Il est vrai que la législation chinoise est de plus en plus protectrice des droits des travailleurs et que les salaires ont connu un réel gap ces dix dernières années mais le salaire moyen des travailleurs textile reste inférieur au salaire vital pour couvrir les besoins fondamentaux de l’ouvrier et de sa famille (loyer, alimentation, santé, éducation,…). Face aux revenus insuffisants, les heures supplémentaires illégales se sont généralisées. Une enquête de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) note que le nombre d’heures hebdomadaires est généralement de 60h et peut même atteindre les 80h… Bref, le travail textile en Chine reste très controversé et pas vraiment éthique.

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Alors pourquoi ce changement de cap de la marque ? L’année dernière, Balibaris a vu l’entrée d’Experienced Capital Partners à son capital. Cette holding d’investissement a été fondée par les anciens dirigeants de Sandro, Maje et Claudie Pierlot. Pas franchement rassurant quand on connait la qualité des produits de ces marques, qui est sont assez médiocre. Elles fabriquent beaucoup en Chine. Cela explique peut-être la raison de cette production chinoise…

Il faut donc rester vigilant sur les marques responsables, car même si leur volonté première était de produire dans de bonnes conditions sociales, le profit peut les écarter du chemin de l’éthique.

Crédits photos : Balibaris

 

 

EQUAL FOR ALL : CHAUSSURES ÉTHIQUES AUX VALEURS D’ÉGALITÉS

EQUAL FOR ALL : CHAUSSURES ÉTHIQUES AUX VALEURS D’ÉGALITÉS

« Les entreprises qui réussiront dans notre siècle seront celles qui créeront de la valeur ajoutée pour la société » affirme Yahya, un des fondateurs d’Equal for All. Fondée en 2013, cette marque de chaussures est née de la volonté de créer une société plus juste. Yahya, Jimmy, Nicolas et Jean-Loup aux commandes d’Equal for All ont fait le choix de conjuguer viabilité économique et progrès social. L’idée de la marque est de produire des chaussures de qualités ainsi que des projets pour une société plus équilibrée.

Equal For All apporte un soin très particulier à l’éthique pour la fabrication de ses produits. L’ensemble des collections sont fabriquées au Portugal à Felguieras, dans la région de Porto où la conception de la chaussure est un vrai savoir faire que l’on se transmet de génération en génération depuis plus d’un siècle.  L’ensemble des cuirs et des tissus utilisés dans pour la confection proviennent d’Espagne, de France ou d’Italie. La marque privilégie les circuits courts pour avoir un impact limité sur l’environnement.

Cette fabrication européenne est également un gage de qualité des produits. L’ensemble des modèles ont des semelles cousues à la tige de la chaussure. Contrairement aux chaussures des enseignes de Fast-Fashion, les produits  Equal For All  sont fabriqués pour durer. 

Autre aspect important de la marque, les fondateurs s’engagent à reverser une partie des bénéfices réalisés dans des projets pour l’enfance, la santé et l’art. Je vous invite à surfer sur le site de la marque pour découvrir les différents projets qu’ils soutiennent.

La petite dernière de la marque, la Waxford, mix d’une richelieu Oxford et de tissus wax africains, est née d’une collaboration avec la chanteuse Imany.  La jeune marque française n’a pas fini de se réinventer et de faire le bien autour d’elle !

 

Crédits photo et vidéo : Equal For All