RENCONTRE AVEC LA TALENTUEUSE LOU RIPOLL DE BLEU TANGO

RENCONTRE AVEC LA TALENTUEUSE LOU RIPOLL DE BLEU TANGO

À la dernière édition du salon Who’s Next, j’ai pu faire la connaissance de la pétillante Lou Ripoll, créatrice de Bleu Tango. Cette marque française est une bouffée d’oxygène, loin des dictats des tendances et de la monotonie des collections qui se ressemblent toutes. Le style Bleu Tango est unique, original, c’est typiquement le genre de vêtements que l’on garde pendant des années avec le même sentiment de satisfaction qui nous anime lorsque quelqu’un nous demande d’où il provient ! Rencontre avec Lou, sa fondatrice.

 

LOU

Quel est ton parcours ?

J’ai créé la marque Bleu Tango il y a 4 ans. J’ai appris à coudre avec ma grand-mère. J’ai 22 ans de couture dans les pattes ! J’ai une formation de design textile à l’école Duperré à Paris, ce qui me permet de créer tous les motifs Bleu tango à partir de mes aquarelles, mes découpages et mes illustrations. Ce qui me rend aussi exigeante sur la qualité des tissus et des processus de fabrication, car je les connais. Je me suis ensuite spécialisée en coupe et patronage à l’école de la Chambre Syndicale. J’ai travaillé pour Antik Batik et La Prestic Ouiston puis j’ai eu envie de voler de mes propres ailes, de travailler avec mon propre mauvais goût et mes valeurs !

Peux-tu me dire où sont fabriquées tes collections ?

Mes collections sont fabriquées entre la France et la Pologne. Je créé les modèles, les patrons, les fiches techniques et je couds les premiers prototypes. Puis c’est mon façonnier qui prend le relais. C’est un façonnier haut-de-gamme  (qui coud pour Isabel Marant, Vanessa Bruno, Maison Kitsuné) situé dans le nord de la France. Ils font (je devrais dire elles, ce sont des femmes, sauf le livreur et le patron) la gradation (grader de la taille 36 à la taille 44), la digitalisation (informatiser le patron) et les prototypes finaux (les têtes de série). La production est ensuite dispatchée entre le nord de la France et la Pologne. Une vingtaine d’ateliers situés dans des petits villages en montagne principalement, qui ont chacun une spécialité. L’un gère bien les épaulettes pour les vestes, l’autre a la machine pour les oeillets,… Comme je ne sais jamais quelle partie de la production va être faite en France, j’écris Made in Pologne partout pour être sûre de ne décevoir personne.

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On parle beaucoup des pays de fabrication, mais jamais du sourcing des matières utilisées. Connais-tu la provenance de tes tissus ? 

Mes tissus viennent d’Italie et de France. Je m’explique : les motifs que je dessine sont imprimés en Italie à Bologne. Je choisis principalement du coton pour le confort notamment, et des rayonnes pour leur aspect fluide, très proche de la soie mais moins polluant, la rayonne est une viscose haut de gamme, avec des fibres longues : plus résistante, elle ne bouloche pas, et elle est économe pour sa production. J’imprime en impression numérique : moins polluant, moins d’eau rejetée, pas de colorants lourds car la dépose d’encre est juste, minimale. Et on peut ajuster les quantités de mètres imprimés : pas de minimum. On reste dans mes quantités limitées. Ces tissus imprimés sont uniques pour Bleu tango.

Mes tissus qui ne sont pas imprimés sont des jacquards qui viennent de Lyon selon des techniques héritières du savoir-faire des jacquards lyonnais historiques. La création et les prototypes se font en France. Le tissage des jacquards (sur demande, au mètre près) se fait en Italie sur métier jacquard.

Pour les boutons, je fais appelle à une entreprise française, à Bernaville, ultra créative, qui fabrique en France dans leur atelier et qui s’engage pour une production éco-responsable. Ils ont plusieurs labels, notamment pour la non utilisation de colorants nocifs et métaux lourds. Je les connais depuis mes études.

Pour les fournitures (zips et curseurs réversibles) je travaille avec une entreprise familiale près de Lyon qui me fournit mes précieux zips introuvables ailleurs. Ils sont faits en zamac,  produits en Chine.

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Pourquoi as-tu choisi une fabrication européenne ?

J’ai choisi des tissus et une façon européenne parce que cela correspond à de bonnes conditions de travail : vérifiées et approuvées par mes soins. J’ai testé plusieurs autres ateliers parisiens et j’en ai été parfois très déçue, notamment par ceux qui ont des conditions de travail indignes même s’ils sont en France.

La fabrication européenne correspond aussi à une production plus proche, une empreinte carbone plus douce. Une collection Bleu Tango ce sont des allers-retour en camion : un pour le tissu imprimé en Italie, un pour les tissus Jacquards, deux ou trois pour la confection en Pologne, tout ça en camion UPS ou DHL, donc optimisé et globalisé, plus une livraison du Nord de la France à mon atelier parisien par Jérôme le livreur. Tout ça, c’est quantifiable, optimisable bien sûr, maitrisable surtout

Je créé des séries limitées. Ce qui est compliqué en dehors de l’Europe. J’ai choisi d’avoir une entreprise à échelle artisanale. Mon but n’est pas de me développer outre-mesure. Je ne veux pas changer de processus de production et de création. Donc nos ventes qui sont en croissance auront une limite : je préfère refuser des commandes un jour et poser une limite à mon chiffre d’affaires. Je préfère me concentrer sur la qualité, je l’améliore chaque saison, j’optimise, plutôt que sur la quantité : ce n’est pas mon métier, ni mes valeurs.

Les collections Bleu Tango sont disponible sur l’e-shop de la marque et en boutique 47 ter rue d’Orsel, 75018 Paris. Les autres points de vente sont disponibles ici.

Merci à Lou pour sa transparence, son honnêteté et son humanisme.

Crédits photo : Bleu Tango

 

NINII, LE KITCH MADE IN FRANCE

NINII, LE KITCH MADE IN FRANCE

Attention, pépite intergalactique, miaou, kitch made in France ! Si vous êtes un peu kawaii dans l’âme, vous allez adorer Ninii. Supra fantaisistes, mega WTF, acidulées, les collections Ninii ne manquent pas d’audace ! Entre le streetwear et l’esprit boîte de night, les vêtements de la marque dépotent. Ils sont gais, décalés et ne passent pas inaperçus !

Derrière cette jeune marque de prêt-à-porter atypique se cache Fanny Dheygere, créatrice illuminée qui détourne avec humour les codes de la mode qui se prend (trop ?) au sérieux. Après 7 ans passées à travailler pour diverses marques de luxe, Fanny Dheygere décide de lancer sa marque. Originaire du Nord de la France, la jeune créatrice joue à fond la carte de l’autodérision, notamment lorsqu’elle étale son amour pour les friteries ! Ainsi ne soyez pas surpris, si vous croisez un sweat Ninii orné d’un cornet de frites et de mayonnaise dégoulinante. Vous pensez voir un bouquet de roses sur un T-shirt ? Puis le doute vous envahit… Oui, oui, il s’agit bien d’une chiffonnade de jambon ! Tout à fait, ce top a été créé à la gloire des saucisses ! Épicurienne et passionnée par la bouffe, Fanny Dheygere aime sublimer les aliments les plus simples et revendique le fait de « rendre le trivial beau« . Selon cette idée, tout objet décalé ou aliment peut se retrouver brodé sur les créations Ninii.

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Les vêtements de la marque s’inspirent du vestiaire sportifs, et notamment des footballeurs américains et des pom pom girls. Les coupes sont oversize ou à l’inverse plutôt moulantes, les matières sont épaisses (néoprène, coton,..) ou plutôt fluides (soie,organza,..). Bref, Ninii ne fait pas dans la demi-mesure, tout est irrésistiblement excessif !

Implantée à Lille, Ninii est une marque ancrée dans sa région, la nouvelle Haut-de-France, bastion de la production textile française. Naturellement, toutes les collections de la jeune maison sont fabriquées en France dans des ateliers locaux. Ninii produit ses créations en petites séries, dans un esprit de « pièce unique« . Toujours dans un souci d’éthique, revendiquant son esprit rebelle et ne suivant pas les diktats de la mode, la marque s’émancipe des saisons pour ses collections, et elle se veut non genré. Ainsi les vêtements Ninii sont mixtes et se portent quand bon vous semble !

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Côté tarifs, la jupe est à partir de 45€, les vestes dès 195€, 55€ le short, 35€ le legging. Les prix sont plus qu’abordable pour des pièces de créateur fabriquées en France. Elles sont en vente sur l’eshop de la marque ou en boutique (liste sur le site Ninii).

Enfin, la marque propose également des patchs individuels, à coudre soi-même ou à thermocoller, pour donner du pep’s à vos vêtements et accessoires préférés. C’est une super idée pour réparer un vieux pull troué qui ne demande qu’une résurrection audacieuse. Et c’est supra responsable ! A bon entendeur.

 

Crédits photos : Ninii

 

MAISON STANDARDS : DES INTEMPORELS RESPONSABLES

MAISON STANDARDS : DES INTEMPORELS RESPONSABLES

Depuis quelques temps, dans les rues de Paris, on croise de plus en plus de personnes arborant un sac en kraft avec l’inscription Maison Standards. Et puis, les « tu connais Maison Standards ? » sont arrivés. Il est donc temps d’étudier leur cas !

Maison Standards est une marque de prêt-à-porter fondée par Uriel Karsenti en 2013. Avocat de formation, diplômé d’HEC, Uriel Karsenti fait carrière dans la mode. Après 14 années passées à la tête de Barbara Bui, du Groupe Zannier et de Pierre Hardy, il se lance dans l’entreprenariat et fonde Maison Standards, sur un modèle économique grandissant : le prêt-à-porter en ligne. Son idée part d’un constat simple : les best-sellers des marques de vêtements sont des basiques sur lesquels les marges sont très importantes. Ainsi Uriel Karsenti décide de lancer sa maison de mode en proposant des vêtements standards de qualité, sans intermédiaire à des prix abordables.

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Concrètement, que trouve-t-on chez Maison Standards ? Des vêtements basiques intemporels : chemises blanches, bleues, en denim, en soie pour les femmes, des T-shirts, des pulls, des pantalons droits, des chinos, le tout sans logo ni inscription. Ce sont donc des pièces indémodables, que l’on garde des années. D’autant plus qu’elles sont de belles factures, dans des matières et finitions soignées. Autre force de la marque : le réassort ne se fait qu’en fonction des besoins et retours clients. Une pièce est rééditée si elle plaît, on ne suit pas les collections classiques de la mode. Ainsi un vêtement peut être commercialisé toute l’année si les ventes sont au rendez-vous. Inversement, si un produit ne fonctionne pas, on arrête sa production, pas de gâchis !

70% des vêtements Maison Standards sont fabriqués en Europe (Pologne, Hongrie, Bulgarie, Portugal), 30% sont fabriqués en Tunisie, au Maroc et en Chine. La transparence est une préoccupation majeure de la marque. Sur le site internet, tous les pays de production sont mentionnés dans les détails des produits. Les prestataires sont choisis avec minutie, et la marque effectue régulièrement des visites de contrôle dans les usines. Maison Standards défend un modèle de consommation responsable. L’éthique est au coeur des valeurs de la marque. La marque va prochainement éditer une charte qui protège les droits, les conditions de travail et la juste rémunération des travailleurs afin de garantir un code de conduite social qui lie Maison Standards à ses fournisseurs et partenaires. J’interroge de nombreuses marques pour me documenter, et je peine souvent à obtenir des réponses. Maison Standards m’a tout de suite répondu, notamment lorsque je les ai questionné sur les conditions de travail en Chine.

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Cette transparence, la marque l’applique également sur sa politique de prix. En effet, Uriel Karsenti a bâti Maison Standards sur le principe d’éliminer les marges intermédiaires en proposant un accès direct des produits aux consommateurs. Ainsi, les vêtements de la marque ne sont vendus que sur son site internet.  Depuis quelques mois, il existe également un showroom à Paris, afin de pouvoir visualiser, toucher et essayer les pièces. Attention, particularité, ce n’est pas une boutique classique, il faut créer son compte en ligne et passer une commande via le site. Donc si vous allez au showroom, et souhaitez acheter sur place, vous ne pourrez payer que par carte ou paypal sur le site de la marque.

Ce modèle commercial sans intermédiaire permet des prix 30 à 40 % moins chers que les autres marques de luxe qui produisent dans des conditions similaires. Ainsi les vêtements Maison Standards sont produits de manière luxueuse dans une gamme de prix moyens, et sont tout à fait abordables. Comptez 35€ pour un T-shirt, 65€ la chemise, 80€ le pull en laine mérinos, 85€ le chino,…

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Uriel Karsenti communique volontiers sur le coût de revient de ses vêtement, ainsi que sur la marge appliquée. Selon lui, « on peut payer un produit de qualité à un prix juste et accessible. Tout le monde empile ses propres marges et le client paie un prix démesuré par rapport au prix de revient. Rien ne justifie ces marges abusives qui font payer la marque et le marketing ». Dans cette optique, Maison Standards ne solde pas, les prix justes étant appliqués toute l’année.

Le concept de Maison Standards connait un vif succès. Ainsi le chiffre d’affaires de la marque a dépassé le million d’euros en 2016. L’entreprise a levé un million d’euros auprès d’Experienced Capital Partners  en juin 2016. Je vous ai déjà parlé de cette holding d’investissement qui a également misé sur Balibaris, ou encore Le Slip Français. Elle a été fondée par les anciens dirigeants de Sandro, Maje et Claudie Pierlot. Espérons vivement que Maison Standards reste sur le même cape de l’éthique et de la transparence. À suivre donc !

 

Crédits photo : Maison Standards

LA PETITE FRANÇAISE PORTE BIEN SON NOM !

LA PETITE FRANÇAISE PORTE BIEN SON NOM !

L’un des meilleurs moyens de consommer une mode responsable, c’est d’acheter local. J’essaie de repérer au maximum les marques qui ne délocalisent pas leur production à l’autre bout du monde et qui s’efforcent de fabriquer en France ou à proximité. C’est le concept de La Petite Française qui propose une collection de vêtements à 95% confectionnés en France (les 5% restant étant produits notamment au Portugal).

À l’instar des marques françaises telles que Maje, Sandro, Claudie PierlotLa Petite Française propose une collection dans l’air du temps pour les femmes actives modernes. MAIS contrairement aux marques citées qui ne fabriquent pas en France, La Petite Française s’attache, depuis sa création en 1991, au savoir-faire français. C’est un gage de qualité pour la marque qui crée une ligne élégante et confortable, et revendique son amour de Paris et son style parisien. Le fait de concevoir et confectionner ses produits en France permet à la marque d’être réactive et de répondre à la demande de ses clientes.

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La Petite Française c’est une de mes plus belles découvertes de mode made in France. J’aime particulièrement leurs combi-shorts. J’en ai acheté un récemment qui est super confortable, tout en étant assez élégant pour aller travailler.

Alors je vous vois venir avec vos gros sabots : ok le made in France c’est bien, mais ça coûte un bras ! Et bien, pas du tout ! La Petite Française est une marque complètement abordable, surtout en période de soldes. En ce moment les robes vont de 47,50€ à 79,90€ (vs 100-150€ d’ordinaire).

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Par contre, comme beaucoup de marque Made in France, la provenance des tissus est un mystère. Difficile de connaître leur pays de fabrication, ni les conditions dans lesquels ils sont tissés… J’ai envoyé un mail au service consommateur sur la question, et je n’ai malheureusement toujours pas reçu de réponse. Je vous ferais signe si la marque fini par me faire un retour.

Crédits photo : La Petite Française 

 

CLIVE. COLLECTION : CRÉATRICE MADE IN FRANCE ENGAGÉE

CLIVE. COLLECTION : CRÉATRICE MADE IN FRANCE ENGAGÉE

La magie d’Instagram c’est la possibilité de découvrir chaque jour de nouveaux créateurs de mode engagée. Récemment je suis tombée sur une jeune créatrice qui a lancé l’année dernière sa marque de prêt-à-porter éthique : Clive. Collection.

La marque clame haut et fort le fait de créer une mode responsable. La provenance des matières premières est très importante, ainsi que les conditions sociales de production. Ainsi la Clive. Collection collabore principalement avec des fabricants de tissus européens qui confectionnent des textiles à base de fibres naturelles et biologiques sans pesticide ni produits chimiques. Ensuite tous les produits sont confectionnés en France. Le savoir-faire français est un gage de qualité pour la jeune créatrice originaire de Toulon.

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Clive. Collection revendique de fabriquer des « vêtements de qualité à garder toute une vie et plus ». C’est la raison pour laquelle les matières sont minutieusement choisies pour assurer une pérennité au produit. Pour préserver au mieux ses pièces, la marque délivre des consignes d’entretien précises.

La plupart des pièces sont faites sur commande, il faut donc compter une à trois semaines de délais pour les recevoir. Côté prix, il faut compter le top à partir de 80€, la chemise à partir de 145€, les robes, combinaisons et pantalons dans les 200€. Ce n’est pas accessible à toutes les bourses, mais cela reste des vêtements de créateur de qualité produits en France. En ce moment, avec les soldes, les prix sont beaucoup plus abordables.

Investir dans une pièce Clive. Collection c’est acquérir un vêtement original confortable. La marque se veut « être un mélange de style, de caractère, de sensations et propose une façon de penser, de vivre et de s’exprimer ». Belles promesses et belle marque à suivre !

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Crédits photos : Clive. Collection