L’UNIVERS ROMANTIQUE ET FLEURI DE FLOLOVE PARIS

L’UNIVERS ROMANTIQUE ET FLEURI DE FLOLOVE PARIS

Délicieuse découverte Instagram, je vous invite à flâner dans l’univers poétique de Flolove Paris. Broderies fleuries, dentelles délicates, cols montants, les créations de la  marque sont romantiques et sensuelles à l’image de leur créatrice.

En 2012, après avoir fait ses armes chez Karl Lagarfeld et aux Galeries Lafayette, Florence Rouchon décide de sauter dans le grand bain et crée sa propre maison de prêt-à-porter. Suivre Flolove Paris sur Insta est un bon moyen de découvrir les inspirations de Florence, sa désinvolture et l’authenticité de sa démarche. La douceur des fleurs est omniprésente dans l’univers Flolove. Ce n’est donc pas étonnant d’apprendre que la créatrice a également une formation de fleuriste.

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Florence est entière et passionnée. C’est avec fierté qu’elle revendique la qualité de ses créations qu’elle produit en édition limitées. Elle imagine et dessine elle-même les broderies de ses collections. Les tissus sont brodés dans un atelier en Picardie où le savoir-faire est pointilleux. La production est ensuite réalisée en Pologne. Certaines pièces en édition très limitée sont entièrement produites à Paris.

À contrario, dans ses Stories Instagram, Florence n’hésite pas à dénoncer sans chichi ni tabou les enseignes qui produisent dans des conditions déplorables, qui malmènent les travailleurs, pour au final fabriquer des produits de qualités médiocres. On se délecte de ses piques incisifs spontanés qui ponctuent la volupté de son univers romantique.

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Les créations de la marque sont commercialisées sur son e-shop. La maison organise également des pop-up store à Paris, forts utiles pour essayer les pièces de la marque, admirer la finesse des créations et sentir la qualité des matières.

 

Crédits photo : Flolove Paris

REFORMATION, LA FAST-FASHION RESPONSABLE

REFORMATION, LA FAST-FASHION RESPONSABLE

Peut-on être une grosse marque et produire de manière responsable ? Nos amis anglo-saxons sont assez avancés sur la question. En 2009, Yael Aflalo, ancienne mannequin, lance sa marque californienne eco-friendly Reformation. Son objectif est clair et ambitieux : créer une grande enseigne de mode, répondant à des principes éthiques et écologiques. Très vite, les stars telles que Rihanna, Alexa Chung ou encore Emily Ratajkowski deviennent des adeptes. La marque décolle et ouvre plusieurs boutiques aux Etats-Unis, en plus de l’eshop.

Reformation propose des collections limitées, produites et manufacturées localement à Los Angeles. Ainsi Yael Aflalo prouve que l’on peut produire en grande quantité, localement en se souciant du développement durable.  La marque porte trois valeurs fondamentale : l’environnement, l’équité sociale et les exigences économiques. Reformation, c’est en soi de la fast-fashion responsable.

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Dans un souci écologique, les bâtiments et infrastructures de la marque utilisent 100% d’énergie verte qui provient des éoliennes. L’éclairage est assuré par des LED. Ces installations écologiques permettent à la marque de réduire ses dépenses en eaux, de contrôler ses émissions de CO2 et de diminuer ses déchets. La société recycle 75% de ses déchets et espère, d’ici quelques années, pouvoir atteindre l’objectif du zéro déchet. 

La marque est également très active sur le plan social. Le bien-être est au centre des préoccupations. Ainsi Reformation propose à ses travailleurs des formations avec une possibilité d’évolution au sein de l’entreprise. La question des femmes et de leur place dans l’entreprise est également primordiale. Tout est mis en place pour que la société soit attractive aux meilleurs talents. Ce souci de l’humain passe également par la transparence sur la provenance des produits, ainsi que l’impact de la production sur la santé des travailleurs.

Mais là où la marque déploie le plus d’énergie, c’est sur son engagement environnemental. Pour pallier à la production de coton, qui même bio, reste très gourmande en eau, Reformation mise sur le développement technologique du textile. La matière phare qu’utilise la marque est le Tencel. Biodégradable, infroissable et doux au toucher, ses fibres sont extraites de la cellulose d’eucalyptus qui nécessite peu d’espace pour se développer. Il se cultive plus rapidement que le coton, et nécessite moins d’eau. Principalement fabriqué par la firme autrichienne Lenzing, le Tencel est aujourd’hui certifié par le label Oeko Tex100. Pour compenser les coûts énergétiques de la production de Tencel, Lenzing n’utilise que de l’énergie renouvelable pour pouvoir minimiser son impact écologique ainsi que le coût d’exploitation de cette fibre.

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Pour le reste de ses collections, Reformation utilise également des matières existantes qu’elle recycle. Elle utilise notamment des chutes de tissus de l’industrie textile. La marque est pionnière dans l’upcycling. Elle a également lancé un programme de recyclage en permettant à ses clients de renvoyer leurs vieux vêtements.

Pour mesurer son impact environnemental, Reformation a développé un logiciel de nommé Refscale. Par de savants calculs, ce logiciel récolte toutes les donnés sur les différentes étapes de la vie du vêtement et étudie son rapport à l’environnement : de la fabrication du textile jusqu’à sa vente et son recyclage. Cette outil permet notamment à la marque de mesurer les progrès qu’il lui reste à faire afin d’atteindre le zéro déchet. Et pour compenser ses émissions de CO2 rejetées, ses déchets non recyclés et ses dépenses en eau, l’entreprise participe à la replantation de forêts dans l’état de Californie et s’engage fortement en faveur de l’éducation des enfants à Los Angeles. Tout est donc pensé pour que l’entreprise soit la plus responsable possible.

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En terme de coûts, on reste très éloigné des petits prix des enseignes classiques de fast-fashion. On est plus sur une gamme de prix moyens à l’instar des Maje, Sandro, The Kooples. L’éthique en plus. Il est possible de passer commande de France via l’e-shop mais les frais de livraison sont assez élevés. Espérons donc que Reformation inspire des entreprise française. À quand la première marque de fast-fasion éthique française ?

Crédits photos : Reformation

OLOW, LABEL ARTISTIQUE ÉTHIQUE

OLOW, LABEL ARTISTIQUE ÉTHIQUE

Dans le paysage des marques masculines responsables, Olow est un acteur à ne pas manquer. Fondée en 2006 par Mathieu Sorosina et Valentin Porcher à Montreuil, la marque originaire de Seine Saint-Denis s’est affirmée entre la culture street et la mode masculine intemporelle.

Chaque saison, Olow s’inspire de l’atmosphère du moment pour créer des collections allant des basiques aux imprimés audacieux. Plus qu’une marque de prêt-à-porter, Olow est un label artistique. Mathieu Sorosina et Valentin Porcher collaborent avec différents artistes et sortent régulièrement des collections capsules. En ce moment, c’est l’artiste Jean Jullien qui est mis à l’honneur avec des motifs inspirés de la BD (à découvrir ici). Par ailleurs, la boutique (48, Rue de Montmorency – Paris – 3ème) expose sans cesse des dessinateurs, peintres, graphistes ou encore sculpteurs. Depuis plus de onze ans, Olow possède à son actif une centaine de collaborations artistiques sur le textile, des expositions, concerts et films, ainsi qu’un magazine papier.

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Outre sa culture artistique, la marque se veut exemplaire sur la production de ses produits. Ainsi, Olow s’efforce de commercialiser des vêtements de qualité fabriqués au Portugal, à quelques kilomètres de Braga, dans des usines familiales. L’éthique est au centre des valeurs de Mathieu Sorosina et Valentin Porcher qui connaissent parfaitement leurs prestataires. Le choix du Portugal s’est fait dans un souci de «développement durable, social et économique à l’échelle européenne». Il s’est également imposé du fait que leurs fournisseurs parlent français, ce qui n’est pas négligeable dans le choix d’un prestataire.

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Vous pouvez retrouver la collection d’Olow sur leur e-shop, dans leur boutique, ainsi que dans plus de 200 points de vente. Les prix correspondent à une gamme moyenne, et bien plus abordables que certaines marques qui fabriquent en Asie sans aucune transparence sur leur production.

Crédits photos : Olow

SÉLECTION DE MANTEAUX RESPONSABLES F/W17

SÉLECTION DE MANTEAUX RESPONSABLES F/W17

L’été joue les prolongations, mais l’hiver finira bien par arriver ! Alors en anticipation, voici une sélection de manteaux responsables pour braver le froid en étant chic et éthique.

1. Manteau Natalya en peau lainée APC. Fabriqué en Espagne. Disponible en ligne ou en boutique.

2. Manteau long Raku Macadame en laine Valentine Gauthier. Fabriqué en Pologne. Disponible en ligne.

3. Manteau Maggy en laine Harmony. Fabriqué en Roumanie. Disponible en ligne ou en boutique.

4. Manteau en laine During – Archive Roseanna. Fabriqué en France. Disponible en ligne ou en boutique.

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5. Manteau Fergus Broadcloth en laine et cachemire Valentine Gauthier. Fabriqué en Pologne. Disponible en ligne.

6. Manteau Auguste Off White en bouclette en laine Margaux Lonnberg. Fabriqué en Macédoine. Disponible en ligne ou chez Centre Commercial.

7. Manteau Oan Jacquard Off White/noir oversize en lainage pied de coq Ekyog. Disponible en ligne et en boutique.

8. Manteau Katsura en bouclette de laine A Kind of Guise. Fabriqué en Allemagne. Disponible en ligne.

Si votre porte-monnaie ne vous permet pas d’acquérir un manteau éthique, les friperies restent la solution la plus économique. En général, on y trouve des manteaux en laine très chauds de l’époque nos grands-parents, car la fast-fashion n’était pas encore née, et les manteaux en matière synthétique qui ne réchauffent rien à part la planète n’existaient pas encore !

Si vous êtes plutôt branché doudoune, je vous invite à lire l’excellent article de Manon d’Happy New Green, hyper précis et complet sur la question.

RENCONTRE AVEC LA TALENTUEUSE LOU RIPOLL DE BLEU TANGO

RENCONTRE AVEC LA TALENTUEUSE LOU RIPOLL DE BLEU TANGO

À la dernière édition du salon Who’s Next, j’ai pu faire la connaissance de la pétillante Lou Ripoll, créatrice de Bleu Tango. Cette marque française est une bouffée d’oxygène, loin des dictats des tendances et de la monotonie des collections qui se ressemblent toutes. Le style Bleu Tango est unique, original, c’est typiquement le genre de vêtements que l’on garde pendant des années avec le même sentiment de satisfaction qui nous anime lorsque quelqu’un nous demande d’où il provient ! Rencontre avec Lou, sa fondatrice.

 

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Quel est ton parcours ?

J’ai créé la marque Bleu Tango il y a 4 ans. J’ai appris à coudre avec ma grand-mère. J’ai 22 ans de couture dans les pattes ! J’ai une formation de design textile à l’école Duperré à Paris, ce qui me permet de créer tous les motifs Bleu tango à partir de mes aquarelles, mes découpages et mes illustrations. Ce qui me rend aussi exigeante sur la qualité des tissus et des processus de fabrication, car je les connais. Je me suis ensuite spécialisée en coupe et patronage à l’école de la Chambre Syndicale. J’ai travaillé pour Antik Batik et La Prestic Ouiston puis j’ai eu envie de voler de mes propres ailes, de travailler avec mon propre mauvais goût et mes valeurs !

Peux-tu me dire où sont fabriquées tes collections ?

Mes collections sont fabriquées entre la France et la Pologne. Je créé les modèles, les patrons, les fiches techniques et je couds les premiers prototypes. Puis c’est mon façonnier qui prend le relais. C’est un façonnier haut-de-gamme  (qui coud pour Isabel Marant, Vanessa Bruno, Maison Kitsuné) situé dans le nord de la France. Ils font (je devrais dire elles, ce sont des femmes, sauf le livreur et le patron) la gradation (grader de la taille 36 à la taille 44), la digitalisation (informatiser le patron) et les prototypes finaux (les têtes de série). La production est ensuite dispatchée entre le nord de la France et la Pologne. Une vingtaine d’ateliers situés dans des petits villages en montagne principalement, qui ont chacun une spécialité. L’un gère bien les épaulettes pour les vestes, l’autre a la machine pour les oeillets,… Comme je ne sais jamais quelle partie de la production va être faite en France, j’écris Made in Pologne partout pour être sûre de ne décevoir personne.

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On parle beaucoup des pays de fabrication, mais jamais du sourcing des matières utilisées. Connais-tu la provenance de tes tissus ? 

Mes tissus viennent d’Italie et de France. Je m’explique : les motifs que je dessine sont imprimés en Italie à Bologne. Je choisis principalement du coton pour le confort notamment, et des rayonnes pour leur aspect fluide, très proche de la soie mais moins polluant, la rayonne est une viscose haut de gamme, avec des fibres longues : plus résistante, elle ne bouloche pas, et elle est économe pour sa production. J’imprime en impression numérique : moins polluant, moins d’eau rejetée, pas de colorants lourds car la dépose d’encre est juste, minimale. Et on peut ajuster les quantités de mètres imprimés : pas de minimum. On reste dans mes quantités limitées. Ces tissus imprimés sont uniques pour Bleu tango.

Mes tissus qui ne sont pas imprimés sont des jacquards qui viennent de Lyon selon des techniques héritières du savoir-faire des jacquards lyonnais historiques. La création et les prototypes se font en France. Le tissage des jacquards (sur demande, au mètre près) se fait en Italie sur métier jacquard.

Pour les boutons, je fais appelle à une entreprise française, à Bernaville, ultra créative, qui fabrique en France dans leur atelier et qui s’engage pour une production éco-responsable. Ils ont plusieurs labels, notamment pour la non utilisation de colorants nocifs et métaux lourds. Je les connais depuis mes études.

Pour les fournitures (zips et curseurs réversibles) je travaille avec une entreprise familiale près de Lyon qui me fournit mes précieux zips introuvables ailleurs. Ils sont faits en zamac,  produits en Chine.

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Pourquoi as-tu choisi une fabrication européenne ?

J’ai choisi des tissus et une façon européenne parce que cela correspond à de bonnes conditions de travail : vérifiées et approuvées par mes soins. J’ai testé plusieurs autres ateliers parisiens et j’en ai été parfois très déçue, notamment par ceux qui ont des conditions de travail indignes même s’ils sont en France.

La fabrication européenne correspond aussi à une production plus proche, une empreinte carbone plus douce. Une collection Bleu Tango ce sont des allers-retour en camion : un pour le tissu imprimé en Italie, un pour les tissus Jacquards, deux ou trois pour la confection en Pologne, tout ça en camion UPS ou DHL, donc optimisé et globalisé, plus une livraison du Nord de la France à mon atelier parisien par Jérôme le livreur. Tout ça, c’est quantifiable, optimisable bien sûr, maitrisable surtout

Je créé des séries limitées. Ce qui est compliqué en dehors de l’Europe. J’ai choisi d’avoir une entreprise à échelle artisanale. Mon but n’est pas de me développer outre-mesure. Je ne veux pas changer de processus de production et de création. Donc nos ventes qui sont en croissance auront une limite : je préfère refuser des commandes un jour et poser une limite à mon chiffre d’affaires. Je préfère me concentrer sur la qualité, je l’améliore chaque saison, j’optimise, plutôt que sur la quantité : ce n’est pas mon métier, ni mes valeurs.

Les collections Bleu Tango sont disponible sur l’e-shop de la marque et en boutique 47 ter rue d’Orsel, 75018 Paris. Les autres points de vente sont disponibles ici.

Merci à Lou pour sa transparence, son honnêteté et son humanisme.

Crédits photo : Bleu Tango