BALIBARIS, L’ÉTHIQUE AU BORD DU CHEMIN…

À chaque marque responsable qui voit le jour, le combat contre la fast-fashion avance, pas à pas. J’aime découvrir des marques pour qui l’éthique et le savoir-faire sont des points de départ. Malheureusement lorsqu’une entreprise grossit, elle oublie parfois ses fondamentaux. Et j’ai le sentiment que c’est ce qu’il s’est passé avec Balibaris.

Je suis toujours épatée par les histoires de jeunes qui sortent d’école et décident de monter leur boîte ! Et qui de plus est remporte un vif succès, ce qui est le cas de Balibaris. Fondée en 2010 par Corentin Petit et Paul Szczerba, la marque de prêt-à-porter ne s’arrête pas de croitre. Le concept : des collections masculines élégantes et décontractés de milieu de gamme à des prix corrects. Le tout fabriqué avec minutie et qualité.

Au commencement de Balibaris, on trouve des cravates commercialisées sur le net. Pas la cravate de papa ou du banquier, mais une cravate moderne, en tricot, branchée et bien coupée. Elle est très vite adoptée par les équipes de Canal+, notamment par Yann Barthès. Le succès est rapide. Corentin et Paul ne veulent pas être catégorisés créateurs de cravates, donc très vite, ils décident de se lancer dans une gamme de vêtements et accessoires plus large. Et hop, la marque est définitivement lancée.

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Inspirée du prêt-à-porter anglo-saxon, la marque ré-invente les basiques du dressing masculin comme le jean en toile japonaise, le caban et costume plus prêts du corps, la veste en denim revisitée,… Balibaris joue les équilibriste et crée un vestiaire masculin d’intemporels mais avec une dose de détails actuels, des coupes à la fois simples et dans l’ère du temps. Ainsi ses produits perdurent au-delà des saisons.

Durer, c’était d’ailleurs une volonté très forte de la marque. Dès son lancement la qualité des vêtements étaient au centre des préoccupations des fondateurs. Avant de créer eur marque, Corentin et Paul ont cherché les meilleurs fabricants pour produire leur collection majoritairement en Europe. Ainsi lors de sa création, Balibaris fut très transparent sur la traçabilité de leurs produits. Les matières choisies pour leur noblesse provenaient d’Italie, du Japon, de France, puis elles étaient confectionnées au Portugal, Pologne, Bulgarie, Roumanie. Pourquoi les pays de l’Est ? Interrogés sur la question, Paul Szczerba expliquait que pour certains types de produits notamment le tailoring ou les manteaux, les pays de l’est ont vraiment un savoir-faire que n’ont pas l’Italie ou le Portugal. Ainsi pour les manteaux, les matières pouvaient provenir de France ou d’Italie puis envoyées en confection à l’Est de l’Europe ce qui permettait à Balibaris de proposer des manteaux dans des gammes accessibles.

Pourquoi je parle au passé, me direz-vous ? Parce qu’aujourd’hui, c’est le flou. En rédigeant cet article, je me suis aperçue que les manteaux et pulls étaient maintenant fabriqués en Chine. Ce n’est pas forcément dans de mauvaises conditions me direz-vous. J’ai donc décidé d’écrire au service consommateur pour en avoir le coeur net. Voici leur réponse :

 « La société Balibaris est très attentive au choix de ses fournisseurs en terme de qualité de fabrication mais également d’éthique. Tous nos fabricants doivent s’engager à respecter et à faire respecter par leurs sous-traitants, prestataires et fournisseurs l’ensemble de la législation et de la réglementation environnementale et sociale en vigueur dans leur pays.
Nous essayons également de nous rendre sur les sites de production avant de commencer un partenariat afin de vérifier par nous-même les conditions de travail. »

Ce qui ne m’a pas vraiment rassuré quand on connaît les règles du travail en Chine… Il est vrai que la législation chinoise est de plus en plus protectrice des droits des travailleurs et que les salaires ont connu un réel gap ces dix dernières années mais le salaire moyen des travailleurs textile reste inférieur au salaire vital pour couvrir les besoins fondamentaux de l’ouvrier et de sa famille (loyer, alimentation, santé, éducation,…). Face aux revenus insuffisants, les heures supplémentaires illégales se sont généralisées. Une enquête de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) note que le nombre d’heures hebdomadaires est généralement de 60h et peut même atteindre les 80h… Bref, le travail textile en Chine reste très controversé et pas vraiment éthique.

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Alors pourquoi ce changement de cap de la marque ? L’année dernière, Balibaris a vu l’entrée d’Experienced Capital Partners à son capital. Cette holding d’investissement a été fondée par les anciens dirigeants de Sandro, Maje et Claudie Pierlot. Pas franchement rassurant quand on connait la qualité des produits de ces marques, qui est sont assez médiocre. Elles fabriquent beaucoup en Chine. Cela explique peut-être la raison de cette production chinoise…

Il faut donc rester vigilant sur les marques responsables, car même si leur volonté première était de produire dans de bonnes conditions sociales, le profit peut les écarter du chemin de l’éthique.

Crédits photos : Balibaris

 

 

2 commentaires sur “BALIBARIS, L’ÉTHIQUE AU BORD DU CHEMIN…

  1. Je déconseille très fortement cette marque.

    Les prix sont excessifs et la qualité a très nettement baissé depuis son lancement.

    Que ce soit au niveau de la confection et du choix des matières.

    On y trouve bcp de synthétiques et même les pièces en matières authentiques ne tiennent pas la route.

    J’ai acheté plusieurs de leurs produits dont le manteau Zack en laine retournée, après 1 sem, le cuir commence déjà à s’effriter. De plus on ne sait même pas la provenance de ce cuir.

    La confection des costumes est assez innegale mais dans l’ensemble mauvaise pour une marque qui se veut haut de gamme.

    J’ai aussi des pulls en laine mélangés à du synthétique et ils me grattent si je ne met pas de t shirts manches longues en dessous. Pourtant ma peau n’est pas du tout sensible de base.

    Comme le cite l’article, les produits sont fabriqués dans des pays peu reconnus pour leurs confections et pour moi cette marque est l’équivalent d’un Sandro un peu plus premium.

    J'aime

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