ROSEANNA LE GLAM RESPONSABLE 

ROSEANNA LE GLAM RESPONSABLE 

Dans la famille des créatrices françaises qui cartonnent, je demande les deux copines d’enfance, Roxane Thiery et Anne-Fleur Broudehoux. Originaires du Nord, elles se sont rencontrées en vacances sur la plage d’un petit village du sud de la France. C’est en 2007, qu’après avoir travaillé chez Alberta Ferretti et Ba&sh, les deux jeunes femmes décident de créer leur marque de beachwear et de maillots de bain, peut-être en référence à leur rencontre. Ni une ni deux, elles nomment leur projet Roseanna, contraction de leur surnoms. Dix ans plus tard, leur marque propose une gamme complète de prêt-à-porter et continue son irrésistible ascension : plus d’une centaine de points de vente, et depuis quelques mois une boutique, rue Froissart, dans le très chic et tendance Haut Marais.

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Roseanna habille les femmes libres, glam, rock, qui assument leurs choix. La marque flirte avec le masculin en restant ultra-féminine et sensuelle. La femme Roseanna  est parisienne, décontractée mais élégante, elle porte un hoodie sur une robe en soie. Elle se joue des codes de la mode au gré de ses envies et de son agenda.

Les collections sont supra colorées, composées d’imprimés fleuries, carreaux, dentelles, ou sequins. Les matières nobles proviennent pour la plupart d’Italie. Roxane Thiery et Anne-Fleur Broudehoux choisissent avec soin les tissus qui composeront leurs créations. Ils sont ensuite confectionnés en Europe : France, Italie, Pologne et Bulgarie pour la nouvelle collection automne/hiver 2017. La maîtrise du style est ainsi contrôlé jusque dans les finitions des produits.

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Avant chaque création de collection, les deux fondatrices s’évadent à l’étranger pour prendre une bouffée d’air et laisser libre cour à leur imagination. Pour la dernière collection, c’est à Venise que les créatrices ont puisé l’inspiration. Le velours, la brillance et les fleurs sont très présents, ils ornent des tenus dans l’air du temps. Ainsi les intrigues vénitiennes rocambolesques sont terriblement moderne chez Roseanna.

Comme souvent pour ce qui est beau, les prix sont assez onéreux. Donc on s’achète une belle pièce coup de coeur plutôt que toute la collection, à moins d’hypothéquer un organe, ce que je déconseille évidemment. Comptez dans les 500€ pour une robe, 300€ pour une blouse ou chemise et 200€ pour un pull. Ça pique, je sais. J’entends déjà les mauvaises langues me dirent qu’à ces prix-là, on ne peut être que responsable ! Mais les collections sont vraiment canon ! Alors si votre bourse le permet, vous pouvez faire votre shooping en ligne ou trouver un point de vente ici.

 

Crédits photo : Roseanna

SELECTION RENTRÉE POUR ENFANTS RESPONSABLES !

SELECTION RENTRÉE POUR ENFANTS RESPONSABLES !

Dans une semaine, c’est la rentrée scolaire. Cela signifie nouvelle école, nouvelle classe, nouveaux copains, nouvelle maîtresse et nouveaux habits ! Et si cette année, les vêtements de nos progénitures n’étaient pas fabriqués par des enfants en Asie, qui eux ne peuvent pas aller à l’école ? Dis comme ça, ça paraît un peu rude, mais ça reste une triste réalité. Alors pour cette rentrée, on consomme responsable !

Image de une. En haut de gauche à droite :

  • Manteau Panda The Animals Observatory fabriqué en Espagne
  • Robe Mode Liberty Bonton fabriquée au Portugal
  • Robe Baby Doll Blune fabriquée au Portugal
  • Robe fleurie Petit Bateau fabriquée quelque part mais on ne sait pas où, mais dans de bonnes conditions nous dit-on ici

Image de une. Sélection Fille. En bas de droite à gauche :

 

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Sélection fille. En haut de gauche à droite :

Sélection fille. En bas de gauche à droite :

 

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Sélection garçon. En haut de gauche à droite :

Sélection garçon. En bas de gauche à droite :

  • Baskets montantes noisette et marine Faguo fabriquées en Chine de manière éthique (relire)
  • Baskets jaune et marine Veja fabriquées au Brésil
  • Pantalon vert velours The Animals Observatory fabriqué en Espagne
  • Jean Tiny Turner Nudie Jeans fabriqué en Tunisie (lire)
  • Pantalon fauve Bonton fabriqué au Portugal
  • Pantalon velours indigo Petit Bateau fabriqué quelque part mais on ne sait pas où, mais dans de bonnes conditions nous dit-on ici

 

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Sélection garçon. En haut de gauche à droite :

  • Sweat Cerfs-Volants The Animals Observatory fabriqué au Portugal
  • Sweat gris Petit Bateau fabriqué quelque part mais on ne sait pas où, mais dans de bonnes conditions nous dit-on ici
  • Sweat éponge bleu Bonton fabriqué au Portugal
  • Sweat Jacques Bobo Choses fabriqué au Portugal

Sélection garçon. En bas de gauche à droite :

  • Sac prune Emile & Ida fabriqué au Portugal
  • Sweat rayé Kidscase en coton bio
  • Sweat bottes Emile & Ida fabriqué au Portugal
  • Chaussures montantes à lacets Lucine fabriquées au Portugal

 

 

A KIND OF GUISE, STRUCTURE ET ÉLÉGANCE MADE IN GERMANY

A KIND OF GUISE, STRUCTURE ET ÉLÉGANCE MADE IN GERMANY

Coup de cœur pour A Kind of Guise ! Créé en 2009 à Munich par le couple Yasar Ceviker et Susi Streich, la marque allemande propose des collections pour hommes et femmes de vêtements sobres et élégants dans des matières et finitions luxueuses.

Étudiants, Yasar et Susi se lancent dans la fabrication d’un sac en cuir. Très vite, leurs potes leur passent commandes et les sacs partent comme des petits pains. Ils se propulsent alors dans l’aventure A Kinf of Guise, avec comme point de départ de développer les savoirs-faire locaux. Très vite, ils étendent leurs créations au prêt-à-porter, et l’idée de créer un vestiaire moderne qualitatif en choisissant avec soin les matières utilisées s’impose à eux. Ainsi, si les coupes semblent basiques, les tissus sont très travaillés et les modèles parfaitement finis. La sélection des matériaux s’effectue à la main auprès de tisserands traditionnels de grande réputation. Pour la prochaine collection homme automne-hiver 2017, les matières proviennent d’Allemagne ou d’Italie. La qualité européenne est donc garantie.

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Ensuite, la confection des vêtements est faite en Allemagne par des artisans locaux spécialisés. La qualité allemande, souvent mise en avant dans les publicités, ne faillit pas à sa réputation, les produits sont de très belle facture. Si l’entreprise ne cesse de grossir, A Kind of Guise garde comme ligne directrice une production locale. La marque collabore aujourd’hui avec 16 fournisseurs, minutieusement sélectionnés. Elle tire une grande fierté de son « Made in Germany ».

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Les collections de la marque sont vendus en France chez Centre Commercial. On peut également commander via l’e-shop de la marque. En terme de prix, on est sûr des tarifs équivalent à une maison telle qu’APC, mais avec la garantie d’une fabrication européenne.

La collection femme n’est pas encore sortie dans son intégralité, j’ai hâte de savoir si l’on retrouvera l’équivalent féminin du T-Shirt Toshio, qui a l’air complètement doux et confortable ! À suivre donc.

 

Crédits photo : A Kind of Guise

Numéro Sept, de quoi s’habiller rock, chic et vegan !

Numéro Sept, de quoi s’habiller rock, chic et vegan !

Qu’est-ce que la mode éthique ? Vaste question ! Quand je discute de ma démarche, les débats reviennent sans cesse sur la définition des vêtements responsables. Plusieurs aspects sont à prendre en compte : la composition des matières, les conditions sociales de fabrication, l’impact environnemental des produits, l’économie locale,… Difficile de trouver des marques qui remplissent tous les critères, mais le fait de réfléchir ne serait-ce qu’à une de ces questions est déjà un pas pour contrer l’industrie de la fast-fashion, qui est un véritable fléau (articles à lire ici et ). Bref, si je vous raconte tout ça, c’est pour vous parlez de Numéro Sept, qui est une marque française végane. Pourquoi végane ? Car elle n’utilise aucune matière d’origine animale. Cette question peut être un critère fondamental dans le choix éthique de ses vêtements.

Tout récemment lancée par Delphine, styliste, et Coline, blogueuse lifestyle, la première collection propose une gamme de vêtements élégants mais confortables qui va à l’encontre des clichés d’une mode éthique pour baba cool lanceur de bolas.

Numéro Sept, c’est sept pièces de prêt-à-porter et deux paires de boucle d’oreilles. Le bleu, le noir et le blanc colorent la première collection, ponctuée de brillances pour féminiser le tout. La marque est à l’image de Coline, la co-fondatrice du blog Et pourquoi pas Coline, rock, sexy mais surtout pas vulgaire. Ce sont des vêtements pour se sentir bien, que l’on peut porter la journée avec des baskets ou le soir en talon. Ils sont à la fois simples dans les coupes, mais sophistiqués dans les matières et les détails.

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Les matières sont un enjeu très important pour Coline et Delphine. Si les créatrices rêvent de démocratiser la mode végane en démontrant que l’on peut créer des vêtements qualitatifs et beaux avec des matériaux alternatifs au cuir, laine, et soie, la qualité et le savoir-faire ne sont pas négligés. Ainsi la plupart des tissus utilisés sont fabriqués en France, près de Lyon. Hormis le coton, les matières utilisés sont synthétiques : viscose, polyester, polyamide, acrylique et lurex.

Originalité de Numéro Sept, on peut choisir le pays de confection des vêtements : les créatrices laissent l’opportunité de choisir entre une production française et européenne (Pologne). Le fabricant, les tissus, les procédés de fabrication sont identiques, seuls les salaires des artisans diffèrent. Les tarifs des produits sont donc différents, l’écart de prix est assez important. À titre d’exemple, comptez 80€ pour la jupe fabriquée en Pologne versus 145€ en France. La consommatrice devient actrice : si elle veut une fabrication locale, elle choisira l’option Made in France, mais si son porte-monnaie est ric-rac, le Made in Europe sera l’option à privilégier. Je trouve super de responsabiliser les clientes, il n’y a pas que les marques qui doivent s’engager !

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L’ensemble de la collection est disponible sur l’e-shop. Les vêtements fabriqués en France sont en rupture, sans doute victime de leur succès.

Souhaitons longue vie à Numéro Sept qui par la suite souhaite étendre ses valeurs éthiques en proposant des matières biologiques ou plus écologiques. On a hâte !

Un grand merci à Camille de The Green Eyes qui m’a parlé du blog Et pourquoi pas Coline, sur lequel j’ai découvert Numéro Sept.

Crédits photo : Numéro Sept

BALIBARIS, L’ÉTHIQUE AU BORD DU CHEMIN…

BALIBARIS, L’ÉTHIQUE AU BORD DU CHEMIN…

À chaque marque responsable qui voit le jour, le combat contre la fast-fashion avance, pas à pas. J’aime découvrir des marques pour qui l’éthique et le savoir-faire sont des points de départ. Malheureusement lorsqu’une entreprise grossit, elle oublie parfois ses fondamentaux. Et j’ai le sentiment que c’est ce qu’il s’est passé avec Balibaris.

Je suis toujours épatée par les histoires de jeunes qui sortent d’école et décident de monter leur boîte ! Et qui de plus est remporte un vif succès, ce qui est le cas de Balibaris. Fondée en 2010 par Corentin Petit et Paul Szczerba, la marque de prêt-à-porter ne s’arrête pas de croitre. Le concept : des collections masculines élégantes et décontractés de milieu de gamme à des prix corrects. Le tout fabriqué avec minutie et qualité.

Au commencement de Balibaris, on trouve des cravates commercialisées sur le net. Pas la cravate de papa ou du banquier, mais une cravate moderne, en tricot, branchée et bien coupée. Elle est très vite adoptée par les équipes de Canal+, notamment par Yann Barthès. Le succès est rapide. Corentin et Paul ne veulent pas être catégorisés créateurs de cravates, donc très vite, ils décident de se lancer dans une gamme de vêtements et accessoires plus large. Et hop, la marque est définitivement lancée.

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Inspirée du prêt-à-porter anglo-saxon, la marque ré-invente les basiques du dressing masculin comme le jean en toile japonaise, le caban et costume plus prêts du corps, la veste en denim revisitée,… Balibaris joue les équilibriste et crée un vestiaire masculin d’intemporels mais avec une dose de détails actuels, des coupes à la fois simples et dans l’ère du temps. Ainsi ses produits perdurent au-delà des saisons.

Durer, c’était d’ailleurs une volonté très forte de la marque. Dès son lancement la qualité des vêtements étaient au centre des préoccupations des fondateurs. Avant de créer eur marque, Corentin et Paul ont cherché les meilleurs fabricants pour produire leur collection majoritairement en Europe. Ainsi lors de sa création, Balibaris fut très transparent sur la traçabilité de leurs produits. Les matières choisies pour leur noblesse provenaient d’Italie, du Japon, de France, puis elles étaient confectionnées au Portugal, Pologne, Bulgarie, Roumanie. Pourquoi les pays de l’Est ? Interrogés sur la question, Paul Szczerba expliquait que pour certains types de produits notamment le tailoring ou les manteaux, les pays de l’est ont vraiment un savoir-faire que n’ont pas l’Italie ou le Portugal. Ainsi pour les manteaux, les matières pouvaient provenir de France ou d’Italie puis envoyées en confection à l’Est de l’Europe ce qui permettait à Balibaris de proposer des manteaux dans des gammes accessibles.

Pourquoi je parle au passé, me direz-vous ? Parce qu’aujourd’hui, c’est le flou. En rédigeant cet article, je me suis aperçue que les manteaux et pulls étaient maintenant fabriqués en Chine. Ce n’est pas forcément dans de mauvaises conditions me direz-vous. J’ai donc décidé d’écrire au service consommateur pour en avoir le coeur net. Voici leur réponse :

 « La société Balibaris est très attentive au choix de ses fournisseurs en terme de qualité de fabrication mais également d’éthique. Tous nos fabricants doivent s’engager à respecter et à faire respecter par leurs sous-traitants, prestataires et fournisseurs l’ensemble de la législation et de la réglementation environnementale et sociale en vigueur dans leur pays.
Nous essayons également de nous rendre sur les sites de production avant de commencer un partenariat afin de vérifier par nous-même les conditions de travail. »

Ce qui ne m’a pas vraiment rassuré quand on connaît les règles du travail en Chine… Il est vrai que la législation chinoise est de plus en plus protectrice des droits des travailleurs et que les salaires ont connu un réel gap ces dix dernières années mais le salaire moyen des travailleurs textile reste inférieur au salaire vital pour couvrir les besoins fondamentaux de l’ouvrier et de sa famille (loyer, alimentation, santé, éducation,…). Face aux revenus insuffisants, les heures supplémentaires illégales se sont généralisées. Une enquête de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) note que le nombre d’heures hebdomadaires est généralement de 60h et peut même atteindre les 80h… Bref, le travail textile en Chine reste très controversé et pas vraiment éthique.

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Alors pourquoi ce changement de cap de la marque ? L’année dernière, Balibaris a vu l’entrée d’Experienced Capital Partners à son capital. Cette holding d’investissement a été fondée par les anciens dirigeants de Sandro, Maje et Claudie Pierlot. Pas franchement rassurant quand on connait la qualité des produits de ces marques, qui est sont assez médiocre. Elles fabriquent beaucoup en Chine. Cela explique peut-être la raison de cette production chinoise…

Il faut donc rester vigilant sur les marques responsables, car même si leur volonté première était de produire dans de bonnes conditions sociales, le profit peut les écarter du chemin de l’éthique.

Crédits photos : Balibaris