SUZIE WINKLE, LA GARÇONNE RESPONSABLE 

SUZIE WINKLE, LA GARÇONNE RESPONSABLE 

Aahhh Centre Commercial, dénicheur de pépites françaises ! Le concept store est une super source pour débusquer des marques responsables. Ma dernière découverte en date est Suzie Winkle

Fondée en 2010 par Laury Aragües, la créatrice a piqué les basiques du vestiaires masculin pour les revisiter à la sauce Suzie Winkle, à savoir ultra féminine pour une allure décontractée et chic. On obtient une silhouette de garçon manqué incroyablement sexy mais surtout pas vulgaire. L’héroïne moderne en soi.

D’ailleurs, pour le nom de la marque, Laury Aragües s’est inspirée de Winnie Winkle, personnage de bande-dessinée américaine des années 30. Héroïne émancipée, coupe à la garçonne, Winnie travaille et coud elle-même ses robes. Enfant, Laury était fascinée par cette forte figure féminine dont elle lisait les aventures chez son grand-père. En français, Winnie s’appelait Suzy, Laury francise le nom de l’héroïne en Suzie. Et hop Suzie Winkle devient une ligne de vêtement pour femme indépendante, protagoniste et maîtresse de sa vie !

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Laury Aragües n’est pas tombée dans la mode par hasard. Petite, Laury passe beaucoup de temps dans la boutique de vêtements de sa grand-mère à Biarritz. C’est un terrain de jeu génial pour la fillette qui joue les stylistes et compose des tenues audacieuses. Ainsi, après un master en gestion des affaires à Sup de Co, la créatrice intègre l’école de mode Esmod. À la sortie, elle travaille chez Isabel Marant puis décide de partir étudier en Inde, qui sera par la suite une source d’inspiration inépuisable. 

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En rentrant, Laury Aragües lance sa propre marque : Suzie Winkle. Pour la fabrication de ses collections, il faut du qualitatif. Le soin apporté aux matières et à la confection est un critère décisif pour la créatrice. C’est la raison pour laquelle Suzie Winkle fait fabriquer ses vêtements au Portugal. « La confection est réalisée avec l’amour de la qualité et du travail bien fait » comme indiqué sur le site de la marque. Donc forcément, les prix ne sont pas donnés. Comptez le top à partir de 63€, la robe dans les 250€, et les pantalons 180€. La qualité a un coût ! D’autant plus, que les tissus utilisés sont des matières nobles : jacquard mélangé, drap de laine, soie aérienne,… Le tout dans des imprimés fleuries ou graphiques entre modernité et inspirations vintage. La garçonne est résolument féminine chez Suzie Winkle !

Crédits photo : Suzie Winkle

BASKETS PANAFRICA, L’ÉTHIQUE AUX COULEURS DE L’AFRIQUE

BASKETS PANAFRICA, L’ÉTHIQUE AUX COULEURS DE L’AFRIQUE

Il y a deux jours je vous faisais une sélection d’articles Wax (à lire ou relire ici). En préparant cet article, je suis tombée sur la marque de chaussures Panafrica.  J’ai trouvé leur démarche éthique super intéressante et j’ai décidé d’y dédier un article complet. Me voici donc lancée !

Panafrica a été créé en décembre 2015 par Hugues Didier et Vulfran De Richoufftz, deux amis d’enfance. Tout commence avec Hugues qui travaille en Afrique, entre la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Congo Brazzaville. Lorsqu’il rentre en France pour les vacances, il achète pour ses amis des tissus africains sur le marché ivoirien d’Adjamé. S’inspirant de ces tissus wax, Vulfran dessine leurs premiers modèles de baskets. C’est le déclic, quelques mois plus tard, Hugues et Vulfran lancent Panafrica. La marque se fonde sur l’idée de fabriquer des baskets produites différemment, dans un souci d’éco-responsabilité.

Il faut savoir que le marché du tissu Wax est aujourd’hui totalement déréglé. De nombreux tissus africains sont en fait imprimés en Chine ou en Inde à bas coûts, mais surtout à moindre qualité. Un imprimé chinois coûte en moyenne 9€ lorqu’un tissu Wax imprimé en Côte d’Ivoire est vendu entre 20€ et 30€. Pour garantir la provenance de ses tissus, Panafrica se fournit auprès d’Uniwax qui produit et commercialise le pagne traditionnel de Côte d’Ivoire.

En parallèle, la marque française a développé un partenariat avec l’association AfrikaTiss dans le cadre du programme Walk For School. Cette association créée en 2013 a développé un Centre d’Excellence Textile pour les femmes, à Ouagadougou. L’objectif de ce centre est de former des femmes burkinabés au tissage et de leur assurer une autonomie financière liée à leur activité. Pour chaque paire Panafrica vendue, 10% des bénéfices sont reversés à l’éducation et à la formation professionnelle. Ainsi 20 femmes ont pu être formées au tissage et à la teinture dans le cadre de ce partenariat.

En plus d’être engagé socialement, Panafrica réfléchit aux conséquences écologiques et à l’impact carbone de la fabrication de ses chaussures. Et ça tombe bien, Afrika Tiss privilégie les fils de coton biologique et utilise des teintures naturelles.

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C’est ensuite au Maroc, près de Casablanca, que sont assemblées les baskets dans un atelier respectant les droits des employés. Afin de soutenir le développement de l’atelier et de garantir des emplois dans la durée, Panafrica s’engage à produire une collection sur 6 mois. Cela permet d’établir une relation de confiance avec le fournisseur et d’assurer une pérennité de travail aux ouvriers, en garantissant à chaque employé une formation continue sur la chaîne de production ainsi que des conditions de travail améliorées.

Panafrica fait déjà pas mal d’efforts socio-écologiques mais la marque ne souhaite pas en rester là. Les fondateurs travaillent actuellement sur des solutions pour réduire leur impact environnemental, limiter le cuir (la marque possède déjà une gamme vegan), se fournir du coton local et équitable pour les baskets en toile,… Ainsi, même si la marque grossit, on peut espérer que Panafrica continuera de s’impliquer dans une démarche environnementale et sociale, car je le déplore, certaines entreprises éthiques se laissent parfois dépasser par la course aux profits et passent le chemin de leurs valeurs responsables. Mais mon petit doigt me dit que ça ne sera pas le cas de Panafrica qui joue la totale transparence et affiche clairement ce qu’elle peut améliorer.

J’ai beaucoup parlé des valeurs de la marque, mais j’en oublie un aspect essentiel, les baskets Panafrica sont super belles ! Parce que c’est bien beau d’être éthique, le design de la chaussure c’est quand même la base. Supra colorées, total wax ou bi-matières (toile ou daim + wax), elles apportent un souffle de fraîcheur dans le monde formaté des baskets. Elles sont très accessibles, à partir de 75€, ce qui équivaut à une paire de Vans, sans le travail en Asie ! Ce serait super que la marque produise également des modèles enfants, j’adorerai voir mes kids avec des baskets en wax !

Les Panafrica sont disponibles sur l’e-shop de la marque ou en magasins.

Crédits photo : Panafrica

 

DIKT’ART, LE STREETWEAR RESPONSABLE

DIKT’ART, LE STREETWEAR RESPONSABLE

J’aime l’idée que la mode responsable est partout où on ne l’attend pas. Je m’explique, quand je parle de ma démarche de consommation éthique, c’est comme s’il me poussait un sarouel à travers les yeux de mes interlocuteurs ! Aujourd’hui, je vais vous parler streetwear et mode éthique, oui, oui, ça existe, et notamment de Dikt’art.

Dikt’art est une marque unisexe française fondée début 2015 à Tours par Paul Aimé, alors fraîchement diplômé d’un bachelor de l’Esten Sup’Édition (l’école tourangelle multimédia spécialisée dans les métiers de l’édition et de la communication). Passionné par la mode, le graphisme et le street art, Paul s’entoure d’artistes pour créer ses collections. Le skateboard, la culture hip-hop, la photographie, l’art contemporain sont des sources d’inspirations indéniables pour la marque de streetwear. Mais le jeune fondateur se focalise également sur la qualité et l’éthique de sa marque. Tous les articles sont imprimés en France en sérigraphie ou à l’aide d’une imprimante numérique.

OK, c’est bien beau d’imprimer en France, mais d’où viennent les T-shirts et sweats ? Hors de question pour Dikt’art de fabriquer ses vêtements dans des conditions sociales plus que douteuses, Paul souhaite inscrire son projet dans une politique de développement durable. Les produits sont fabriqués en Asie (Chine et Bangladesh) et en Europe pour quelques créations particulières (Portugal et Turquie). Mais attention, pas dans n’importe quelles conditions. La marque collabore avec peu de prestataires, ce qui lui permet de contrôler la qualité des usines et de s’assurer du respect des normes sociales et environnementales. Dikt’art souhaite être très transparent sur sa production, notamment sur la partie asiatique. « La question qu’il faut se poser n’est pas où nous produisons mais plutôt comment nous produisons. Comme d’autres marques responsables, nous avons prouvé qu’il est possible de produire en respectant la condition des travailleurs et au delà de ça en les aidant à développer de nouvelles compétences et être contents et fiers de leur travail. » L’idée est donc de travailler dans le temps avec les fournisseurs pour améliorer la qualité des produits ainsi que de progresser sur l’évolution sociale des mentalités et des pratiques. Pour mener à bien ce défit, Dikt’art est devenu membres de la Fair Wear Foundation (je vous renvoie à l’article guide des labels).

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Par ailleurs, dans un souci de protection de l’environnement, Dikt’art n’utilise que du coton biologique, de la laine, du tencel, du modal ou du polyester recyclé. L’avantage du coton bio c’est la réduction de consommation d’eau nécessaire à sa production ainsi que l’absence de pesticides. Quant aux matières synthétiques, elles proviennent du recyclage des déchets plastiques. Le tout labélisé GOTS, Ecocert et Oeko tex.

Découvrez la collection actuelle dans la vidéo ci-après :

L’avantage de produire en Asie, ce sont les prix accessibles. Les sweats sont à partir de 39€ pour les femmes, 45€ pour les hommes et les T-Shirts à 29€.

Crédits photo : Dikt’Art

DE TOUTES LES MATIÈRES, C’EST LA WAX QUE J’PRÉFÈRE !!

DE TOUTES LES MATIÈRES, C’EST LA WAX QUE J’PRÉFÈRE !!

En ce moment, j’ai la wax dans la peau !  J’en vois partout et ça tombe bien parce que j’adore ça. Ce sont souvent des vêtements et accessoires fabriqués de manière artisanale en Europe ou en Afrique. Je vous ai fait une sélection d’articles que je trouve assez canons.

En haut de gauche à droite :

Derrière Indira de Paris se cache Katia, la fondatrice et créatrice de la marque des turbans pour les nulles comme elle l’appelle. Tous ses foulards et headbands sont fabriqué en France.

  • Pochettes en cuir zippées jaune et rouge Maison Chateau Rouge 125€, fabriquées en France, disponibles sur l’eshop de la marque.
  • Top Cha-Cha-Cha orange Maison Chateau Rouge 85€. Sold out sur le site, mais espérons qu’il y aura un réassort en septembre !

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Maison Château Rouge tire son nom du quartier du même nom, dans le 18e arrondissement de Paris. Fondée par Youssouf et Mamadou Fofana, deux frères sénégalais,  la marque crée des vêtements streetwear en wax en détournant l’habit traditionnel africain dans un esprit contemporain. Les tissus sont achetés chez les commerçants du quartier de Château Rouge. Le label s’inscrit dans le cadre d’un projet social plus large Les Oiseaux Migrateurs lancée en septembre 2014. Cette association a pour but de promouvoir le développement de TPE et PME africaines. L’année dernière, la jeune marque avait collaborer avec le célèbre concept store Merci.

  • Richelieus Waxford Equal for All fabriqués au Portugal et soldée à 116€ sur l’eshop de la marque.

La Waxford c’est un mix d’une richelieu Oxford et de tissus wax africains. Elle est née d’une collaboration avec la chanteuse Imany.  Je vous invite à lire ou relire l’article consacrée à la marque de chaussures éthiques ici.

  • Combinaison courte Denise Serpent Rouge Fou Clothing, fabrication artisanale au Portugal, série limitée, 165€ en vente sur l’eshop.

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La jeune marque a été créée par Léa de Bartillat et Florent Vindimian âgés de 25 ans. Fou c’est d’ailleurs plus qu’une marque, c’est un « studio de création entre le vêtement et la photographie ». Léa et Florent sont fous de mode, mais également fous de photo. Avec leur marque ils peuvent allier leurs deux passions. L’idée d’utiliser du tissu wax leur est apparue après un voyage en Côte d’Ivoire, avec l’envie de l’introduire dans la mode urbaine. L’ensemble de la collection est fabriqué de manière artisinal au Portugal, les tissus viennent deCôte d’Ivoire et sont coupés à la main. À suivre !

 

En bas de gauche à droite :

WAX_By Natacha Baco

Créée par Natacha Baco en 2013, la marque est devenue un incontournable de prêt-à-porter en tissu wax. Toutes les créations sont réalisées sur mesure. Natacha aime les ensembles très près du corps, elle aime donc s’adapter à la silhouette de chacune. La créatrice reçoit sur rendez-vous, vous pouvez la contacter via le formulaire de son site web.  Il est également possible de passer commande directement sur le site dans le cadres de ventes fash. Comptez entre 80€ et 250€ selon les modèles.

 

  • Sac Essos La Briqueterie, fabrication artisanale au Cameroun, édition limitée à 40 exemplaires, 24,90€ en vente sur l’eshop de la marque.

L’aventure La Briqueterie commence au Cameroun où se rencontrent Caroline et Aïda, deux parisiennes expatriées. S’inspirant des pagnes camerounais, elles confectionnent des sacs qu’elles offrent à leurs amies françaises qui sont dithyrambiques sur leurs créations. Caroline et Aïda fondent alors La Briqueterie. Rejoint par Marie, la grande soeur d’Aïda, le trio lancent leur première collection à l’automne 2016  Les sacs sont produits en éditions limitées, ce qui leur donne un caractère unique. Par ailleurs, les créatrices s’attachent à ce que les couturières camerounaises qui travaillent sur la confection des sacs soient rémunérées équitablement. Ainsi pour chaque sac acheté, 15% du prix est reversé à la couturière qui l’a confectionné en plus de sa rémunération de base. La Briqueterie offre ainsi un revenu bien au delà des standards locaux.

  • Baskets Casablanca Panafrica fabriquées de manière artisanale au Maroc, édition limitée, 85€ en vente sur l’eshop de la marque.

La démarche éthique de la marque est très réfléchie et pensée dans un processus de développement durable. En rédigeant cet article, j’ai étudié la marque que je méconnaissais. Cela m’a donné envie de consacrer prochainement un nouvel article exclusivement sur Panafrica. Mais en deux mots, les fondateurs de la marque ont développé un partenariat avec l’association AfrikaTiss dans le cadre du programme Walk For School pour garantir la provenance des tissus africains. C’est ensuite au Maroc, près de Casablanca, que sont assemblées les baskets dans un atelier respectant les droits des employés. Enfin, pour chaque paire achetée, Panafrica reverse 10% de ses bénéfices à des associations partenaires.

Crédits photos : Indira de Paris ; Maison Chateau Rouge ; Equal for All  ; Fou Clothing ; By Natacha Baco  ;  Les petites jupes de Prune ; La Briqueterie ; Panafrica

BLUNE, DES VÊTEMENTS ACIDULÉS POUR ENFANTS HEUREUX

BLUNE, DES VÊTEMENTS ACIDULÉS POUR ENFANTS HEUREUX

C’est assez compliqué de trouver des marques pour enfants qui fabriquent en Europe. Alors quand j’en dégote une, je vous l’indique !

Blune est une marque française de prêt-à-porter féminin et enfant. Blune est la contraction de Blonde et Brune, deux teintes capillaires qui caractérisent les fondatrices. Il y a la brune, Laurence, et la blonde, Eve, rencontrées sur les bancs de l’école d’arts graphiques de Penninghen. Une fois diplômées, chacune prend des chemins différents. Pour Eve, ce sera la mode et le studio de création Chanel, et pour Laurence, la publicité chez Yung & Rubicam. Mais 8 ans après, l’idée d’être réunies autour d’un même projet les titillent et les deux amies se retrouvent pour créer leur marque  En 2011, Julie, une autre brune, rejoint l’aventure après avoir longtemps travaillé avec Chantelle. Toutes les trois fondent Blune avec pour ambition de donner un nouveau souffle à la mode femme et enfant. « Une mode pour les filles d’aujourd’hui, à qui on n’impose rien, qui revendiquent le droit d’être mère et femme en même temps. Des filles qui se jouent des modèles et des conventions ».

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J’apprécie particulièrement leur collection enfant. Leurs imprimés colorés sont super gais, les coupes classiques sont modernisées avec humour et poésie. Les vêtements sont un brin sophistiqués, sans être trop guindés. Ce sont des habits dans lesquels les enfants jouent, rient, courent et font les pitres ! Chez Blune on ne se prend pas au sérieux, les enfants ne sont pas modèles, mais ils sont plein de vie. L’esprit de tribu est dans l’ADN de la marque et si on le souhaite, on peut trouver dans la collection femme des symétries de graphiques, d’imprimés avec la collection enfant.

Pour la fabrication de ses vêtements, Blune travaille avec des producteurs au Portugal. Ainsi l’ensemble des pièces de la marque sont fabriqués en Europe. En revanche, la marque ne communique pas sur la provenance des tissus ni sur le savoir-faire. Je leur ai envoyé un mail, mais pour le moment, aucune réponse, ce qui n’est pas forcément suspect étant donné la période estivale. Je vous tiendrais au courant si je reçois une réponse.

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Enfin côté prix, il faut compter le T-shirt enfant à partir de 30€, la robe dès 55€, et les pantalons à partir de 28€. Actuellement la marque solde la plupart de ses articles entre 30 à 50%.

Retrouvez les points de vente de la marque ici.

Crédits photo : Blune