LES JEANS 💀👖 INDÉMODABLES POLLUEURS

S’il y a bien un vĂȘtement qui est universel, pour petits et grands, hommes ou femmes, pauvres ou aisĂ©s, ce sont bien les jeans !  On trouve de plus en plus d’articles dĂ©nonçant leurs impacts nĂ©fastes environnemental et humain. Retour sur la fabrication des produits denim.

On doit l’origine du jean à Levi Strauss, commerçant de tissus, et Jacob Davis tailleur dans le Nevada. Ils fabriquent en 1853 leurs premiers jeans commercialisĂ©s par Levi Strauss & Co. TaillĂ©s dans des toiles de tente en denim, ce sont des pantalons trĂšs rĂ©sistants renforcĂ©s par des rivets en cuivre au niveau des poches et braguette. La toile denim est composée essentiellement de fibre de coton qui selon certaines sources serait originaire de Nîmes (d’oĂč le nom denim pour la lĂ©gende).  Le jean remporte un vif succĂšs auprĂšs des bĂ»cherons et des mineurs. Dans les années 50, il est l’emblème de la rébellion et de la révolte des jeunes. Puis Ă  partir des années 60, le jean connaĂźt une ascension spectaculaire et devient un incontournable des dressings.

Si vous avez conservez d’anciens jeans, amusez-vous Ă  regarder les Ă©tiquettes. Il me reste un vieux Levi’s du lycĂ©e qui a Ă©tĂ© fabriquĂ© en Espagne. Or aujourd’hui, c’est trĂšs difficile de trouver un jean made in Europe. La plupart des jeans sont fabriquĂ©s Ă  l’autre bout du monde. Le denim est victime de la mondialisation. MĂȘme une marque comme APC qui s’est fait connaĂźtre pour la qualitĂ© de ses jeans les fabrique en Chine.

Le jean est aujourd’hui un produit vestimentaire de fast-fashion comme les autres. Il est d’ailleurs vendus par les grandes enseignes telles que Zara, H&M ou Gap. Cependant mĂȘme les marques américaines comme Levi’s ou européennes comme Diesel (Italie) ou Lee Cooper (Royaume-Unis) dĂ©localisent leurs usines en Asie, Turquie ou pays du Magreb, lĂ  oĂč les prix dĂ©fient toutes concurrences et les conditions de travail Ă©chappent Ă  tous contrĂŽles.

Ainsi, les jeans d’aujourd’hui font des tonnes de kilomĂštres. La toile denim est gĂ©nĂ©ralement confectionnĂ©e à partir de coton cultivé en Asie ou Afrique de l’Ouest. Ce coton est ensuite exporté pour ĂȘtre tissĂ© dans un autre pays, voir un autre continent. En gĂ©nĂ©ral, il est acheminĂ© au Pakistan ou en Italie oĂč le tissage du denim est un savoir-faire qui ne s’est pas perdu et qui requiert un certain niveau d’expertise. C’est dans ces filatures que l’on teint le tissu en bleu Indigo qui vient principalement d’Allemagne quand ce n’est pas un colorant synthĂ©tique. Les produits de synthĂšses sont de plus en plus rĂ©pandus pour teindre les jeans de fast-fashion. Ensuite, les toiles de denim sont renvoyĂ©es pour assemblage dans les usines de fabrication en Asie, Magreb ou Turquie.

Mais ce n’est pas fini, une fois le jean constituĂ©, ce dernier est brut, et qui achĂšte des jeans bruts de nos jours ?! Pour ĂȘtre tendance, un jean doit ĂȘtre dĂ©lavĂ©. Un jean subit prĂšs d’une cinquantaine de traitements pour obtenir un effet usĂ©. Il existe diffĂ©rentes techniques dont le passage en machine avec des pierres ponces avec le plus souvent des agents chimiques de blanchiment. Les employĂ©s qui travaillent sur l’usures des jeans subissent les effets polluants des teintures et produits de blanchiment, les consĂ©quences sanitaires sont terribles. Et je ne parle mĂȘme pas des consĂ©quences environnementales sur la pollution des eaux Ă  proximitĂ©…

Il existe Ă©galement une autre technique de dĂ©lavage tristement cĂ©lĂšbre : le sablage. Il consiste à blanchir le jean et lui donner un aspect usé en projetant dessus du sable à haute pression.  Les ouvriers chargĂ©s du sablage sont en gĂ©nĂ©ral enfermés dans des piĂšces insalubres avec pour seule protection de simples masques en papier. LĂ  encore, les maladies sont importantes, notamment les maladies pulmonaires. La plus rĂ©pandue est la silicose. D’après les associations de travailleurs, entre 8000 et 10 000 personnes en ont été victimes en 2015, principalement en Chine, au Pakistan, en Égypte et en Turquie. Cette pratique trĂšs controversĂ©e perdure, parfois dans l’illĂ©galitĂ©. Certaines usines textiles emploient des travailleurs non dĂ©clarĂ©s de façon Ă  ce que ces derniers ne soient pas indemnisĂ©s en cas de plainte, et Ă©tant clandestins, ils ne possĂšdent pas de sĂ©curitĂ© sociale pour couvrir leurs infections.

Enfin, une fois le jean usĂ© comme il se doit pour ĂȘtre Ă  la mode, on y ajoute des boutons dont le cuivre provient de Namibie (Afrique), des rivets en zinc d’Australie et des  fermetures Ă©clair souvent importĂ©es du Japon.

Et hop, un jean fini Ă  l’autre bout du monde ! Il ne reste plus qu’Ă  lui faire faire un bon millier de kilomĂštres pour le commercialiser. Les tarifs varient selon les marques, mais mĂȘme si le jean provient d’une enseigne spĂ©cialisĂ©e dont le prix tourne autour de la centaine d’euros, ce n’est en aucun cas la garantie d’une fabrication Ă©thique.

Sans compter l’impact sur notre environnement… Pour rĂ©aliser un seul jean, incluant gĂ©nĂ©ralement 1kg de coton, il faudra entre 5 000 et 25 000L d’eau, 75kg de pesticides et 2kg d’engrais chimique. C’est l’utilisation du coton qui pollue le plus : il reprĂ©sente 52% des impacts environnementaux d’un jean notamment par l’utilisation massive de produits toxiques tels que les dĂ©foliants et les herbicides. Ces pesticides entraĂźnent Ă©galement des maladies pour les populations des alentours et des ouvriers s’occupant de leur cultures (cancer, douleurs articulaires,…).

Bon aprĂšs avoir dit tout cela, est-ce qu’on dĂ©cide de ne plus porter de jean ? Personnellement, ce serait trĂšs difficile de me passer de cet intemporel. Il y a donc des alternatives. La premiĂšre c’est le vintage, et ça tombe bien le bon vieux 501 des annĂ©es 80/90 est de retour. L’autre solution, c’est d’acheter des jeans Ă©thiques. Je vous prĂ©pare une sĂ©lection de jeans responsables.

En attendant, je vous laisse regarder ce graphique hyper bien fait du site d’information Qu’est-ce qu’on fait, ainsi que cette vidĂ©o du Collectif Éthique sur l’Étiquette qui date d’il y a 6 ans sur le sablage, mais qui est malheureusement toujours d’actualitĂ©…

Sources : ConsoGlobe, EcoConso, Courrier International, Collectif Éthique sur L’Étiquette, Qu’est-ce qu’on fait

 

3 commentaires sur “LES JEANS 💀👖 INDÉMODABLES POLLUEURS

  1. Bonjour,
    AprĂšs le scandale du Rana Plaza au Bangladesh en 2013 et pas vraiment d’amĂ©lioration depuis… vous conseillez des jeans (et la marque) telle que H&M ??
    Je suis d’accord pour les fripperies mais svp n’encourager pas de nouveaux achats de vĂȘtements envers des marques qui ne sont pas Ă©thiques, qui produisent en Asie, qui payent leurs ouvriers environ 60$ par mois, 70heures par semaines, oĂč les conditions de travail sont horribles : enfants travailleurs et locaux pas tous sĂ©curisĂ©s… svp

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